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Dans
le cadre de la création de leur nouvelle pièce
EMPIRE (Arts & Politics),
le collectif franco-autrichien Superamas
présente une première étape de travail
au Centre chorégraphique de Montpellier.
tarifs : 6€ / 5€
avec le pass’culture
À
l'occasion de ce hors séries #46, le Centre chorégraphique
de Montpellier en collaboration avec l'ECM Kawenga vous propose
de partager deux temps de rencontre :
Découvrez le Centre
Chorégraphique :
jeudi
06 décembre à 19h
(avant le hors séries) : découvrez le couvent
des ursulines et les missions du centre chorégraphique.
Participez à l'atelier
du spectateur :
mardi
11 décembre de 19h à 21h : participez
à un atelier de pratique du spectateur où vous
questionnerez votre expérience du hors séries
de Superamas, en compagnie de Anne
Lopez, chorégraphe. (entrée
libre)
The Battle :
Superamas, caméra à l’épaule,
va faire du CCN le théâtre des opérations.
« Moteur ! » : le bruit et la fureur de la guerre
résonnent.
« Action ! » : on tue en série, hors des
règles.
Les corps se jettent dans la bataille.
On meurt au champ d’honneur.
« Coupez ! » : on se relèvent, et on reprend.
L’histoire se répète-t-elle
de manière aussi systématique ?
Ici, en tous cas, on s’attache à regarder de quoi
elle est faite.
De quels romans en sont tirées les pages.
Pour l'histoire :
En mai 1809 aux portes de Vienne, les armées de l’empereur
Napoléon passent le Danube dans l’intention de
détruire les forces de l’archiduc Charles. C’est
la bataille d’Aspern/Essling. 40 000 morts en deux jours.
C’est la première hécatombe de la guerre
moderne. Le projet impérial de Napoléon porte
en lui l’héritage de la révolution française,
mais ce sont les autrichiens sur le champ de bataille qui chantent
la marseillaise. Toutes les contradictions modernes sont d’ores
et déjà contenues dans cette bataille dont les
deux armées revendiqueront la victoire.
(...)
Les officiers à cheval, courent à toute bride
sur les collines, les drapeaux flottent, un général
tombe de cheval, les canons d'une forteresse éloignée
crachent leur volée sur le champ de bataille, et, en
plein tumulte, si on y prend garde, on peut observer un soldat
portant sur l'estomac une caméra camouflée. L'appareil
est relié par un fil invisible à un moteur disposé
en dehors du champ de bataille - il fonctionne sans manivelle.
La pluie tombe sur toute la scène, les ventilateurs envoient
en hurlant la fumée de la poudre au dessus de la masse
d' hommes ondoyant et luttant, les éclairs brillent,
l'effet est surprenant.
Quand je quitte le studio, bouleversé et les nerfs tendus,
je vois dans l'antichambre les "blessés". Les
combattants se sont à ce point engagés dans la
chaleur du combat qu'ils en ont rapporté des égratignures,
de longues déchirures et de graves blessures. Le sang
coule. Deux infirmières circulent et font des bandages.
Dans un des bureaux des directeurs, un médecin reçoit
ceux qui sont le plus gravement atteints. Abel Gance lui-même
ne pense certainement plus à eux. A ce moment, je me
rappelle avoir lu un jour une brochure publicitaire pour le
film de Griffith Intolerance. Après avoir énuméré
les frais en dollars, la profondeur des décors en kilomètres,
le nombre de centaines de mètres carrés qu'on
avait utilisé et de dizaines de milliers de figurants
qu'on avait employés, on ajoutait un peu sèchement
: pendant les prises de vues, on n'a déploré la
perte d'aucune vie humaine.
Ce n'est qu'après avoir assisté à la scène
d'infirmerie ci-dessus que j'ai compris cette phrase dans toute
sa perspective.
Carl Th. Dreyer, extrait d'un article paru dans Politiken, 01
mai 1926
Avec l’aide de CNEAI, CCLinz, wp zimmer, Tanzquartier
Wien.
Avec le soutien de la Ville de Vienne, Ministère Fédéral
de l’Education, des Arts et de la Culture de l’Autriche
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